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Le Logiciel en France dans tous ses (mauvais) états...

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lundi 30 octobre 2006

Daniel GlazmanUn autre monde

une révolution du managementUne fois n'est pas coutume, je vais faire de la publicité pour un livre. Bernard Girard est allé visiter Google et en a ramené une analyse personnelle publiée dans son livre : c'est "révolutionnaire". Bon, c'est surtout révolutionnaire pour les petits français qui ne sont jamais sortis de l'hexagone et n'ont jamais travaillé dans le logiciel en Silicon Valley, mais cela a le mérite très clair d'enfin dire ici qu'on peut travailler autrement, en accordant du crédit uniquement à la compétence et en bâtissant une chaîne de valeurs dans lequel l'ingénieur n'est pas la feuille de l'arbre mais la racine. Bref, un livre à offrir à tous, et en particulier à votre patron...

vendredi 27 octobre 2006

Daniel GlazmanBeurre et argent du beurre

Il y a quelques temps, un nom assez connu de l'Internet français a contacté mon entreprise pour du développement de code. Projet intéressant, totalement dans notre scope, nécessitant un bon background Mozilla et Firefox. J'ai établi un devis. Qui a suscité un blocage total chez le prospect qui s'attendait en fait à un prix de l'ordre de 200 euros par jour de travail...

Ce chiffre mérite commentaire, car il est totalement symptomatique de la manière dont on traite le développement informatique en France dans les entreprises non-technologiques : comme la dernière roue du carosse. L'informatique, le logiciel, c'est la contrainte malheureuse, le truc par lequel on doit à regret passer mais sur lequel on ne veut surtout pas trop investir ni avoir à gérer. Alors qu'on accepte de payer un médecin spécialiste 200 euros pour une consultation de 20 minutes, un avocat d'affaires à 300 euros de l'heure ou plus, on ne veut pas mettre plus de 500 euros de la journée (et ici bien moins) pour des experts en technologie logicelle.

Certes, certes, il y a sur le marché des Services Informatiques un nombre certain de "vendeurs de viande", qui se gardent bien de dire que le type qu'on propose comme "expert SGBD" n'a jamais fait que du Visual Basic et a eu un week-end pour lire un tutorial de 50 pages sur SQL. Mais il n'y a pas que des margoulins, il y a aussi des vrais experts, et Disruptive Innovations pense en faire partie, sans vergogne.

Malheureusement, cela n'est pas prêt de changer. Comme le marché de l'emploi est en train de se tendre dans les Services Informatiques, les SSII vont de plus en plus aller voir chez des candidats venant d'autres filières et les formeront en interne, comme cela se produisait en 1990-1992. Corollaire positif pour les SSII : on paye ces gens-là nettement moins qu'un informaticien de formation, qu'on paye déjà assez mal de toute manière... Bref, les SSII peuvent suivre la tendance baissière demandée par les clients. Or c'est se tirer une balle explosive dans le pied ! Parce que les SSII font cela depuis maintenant dix ans, le marché local est habitué à des tarifs de consulting informatique sans rapport réel avec le niveau de compétence et d'expertise des intervenants. Les prix sont ridiculement bas et frôlent dangereusement les limites de la rentabilité pour ceux qui veulent encore proposer de la qualité, de la compétence, de l'expertise ; donc avec des bons ingénieurs qu'on ne paye pas au lance-pierre pendant qu'on assure une croissance à deux chiffres aux investisseurs.

Une vieille blague de SSII pour finir:

  • bonjour, nous sommes un client et nous voudrions que vous fassiez cela pour nous
  • mais c'est de la merde
  • mais c'est ce que nous voulons
  • bon, on a terminé, voici notre livraison
  • mais c'est de la merde !
  • ah mais c'est ce que vous nous avez demandé...

Toute ressemblance avec une situation réelle personnellement vécue par tout lecteur travaillant en société de services n'est pas fortuite, désolé...